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Mai 2008

13.05.2008 > 30.05.2008

L’imagination au pouvoir
Affiches de mai 68

du 13 mai au 30 mai 2008
vernissage le 15 mai 2008 à partir de 19 heures

Quarantième anniversaire de la création le 15 mai 1968
de l'Atelier populaire de l'ex-Ecole des Beaux-Arts de Paris

en compagnie des « CRS » de Dominique Larrivaz

Atelier populaire ex-école des Beaux-Arts

Le 14 mai 1968, le comité de grève des Beaux-Arts décide l'occupation immédiate des locaux de l'école l'atelier de sérigraphie, rebaptisée « Atelier populaire », produit la première affiche de la période : Usines Universités Union. Le 15 mai, un texte précise la différence entre l'art bourgeois et l'art populaire : le rôle de l'atelier est d'apporter une aide concrète au mouvement d'occupation des usines par la réalisation d'affiches au service du peuple. Pendant plus d'un mois, tous les matins, une assemblée générale réunissant artistes, travailleurs et étudiants va discuter du thème et des slogans à mettre en scène sur des affiches qui seront réalisées le jour même.

Mai 68 est un important mouvement étudiant et social français du printemps 1968 qui a forcé le président Charles de Gaulle à dissoudre l'Assemblée nationale et à organiser des élections anticipées. Ce mouvement fait partie d'un ensemble d'événements dans les milieux étudiants d'un grand nombre de pays de part et d’autre du Rideau de fer, notamment en Allemagne, aux États-Unis, en Tchécoslovaquie, au Japon, en Italie ou au Mexique. L'évènement est aussi à mettre en corrélation avec l'influence exercée par les valeurs du mouvement hippie sur les jeunesses occidentales durant la deuxième moitié des années 1960.

En France, ces événements prennent cependant une ampleur particulière car ils sont accompagnés de puissantes manifestations d'étudiants, puis d'une grève générale qui paralyse complètement le pays (des camions militaires devront assurer des transports de fortune). Ce mouvement s'accompagne d'une vague de réunions informelles à l'intérieur des organismes, des entreprises, des administrations, des lycées et des universités, des théâtres, des maisons de jeunes, des maisons de la culture.

Dans tout le pays, les portes s'ouvrent à n'importe quel citoyen, la parole se libère et devient pour quelques semaines la raison d'être des Français. Enthousiasmé ou catastrophé, dubitatif ou méditatif, chacun selon sa sensibilité participe ou observe. Des dialogues intenses se nouent dans les rues, entre inconnus, et à travers les générations.

L'un des symboles de ces lieux de débats est le théâtre de l'Odéon à Paris où l'on peut entendre s'affronter, dans des débats pris très au sérieux jour et nuit, quelques syndicalistes délégués de chez Renault, des ménagères du quartier, des étudiants, un groupe de jeunes de droite de Neuilly-sur-Seine venus en touristes, un autre groupe de lycéens d'une banlieue ouvrière, autres touristes, tel ou tel artiste célèbre, des professeurs, un conseiller municipal aux abois, un ou deux cadres d'entreprise catastrophés, pendant que dans les coulisses du théâtre, quelques échevelés de la libération sexuelle se livrent à des ébats spontanés et sans intimité.

À tout moment dans tel ou tel lieu de France, un militant de telle ou telle organisation, plus ou moins rompu à la dynamique de groupe en vogue, s'impose pour faire voter une « motion » en « assemblée générale » qui se perd dans un flot de tracts et achève parfois sa course dans un article de presse, si un journal peut paraître, suivant le destin d'une bouteille à la mer lancée à Maubeuge et ouverte dans l'Île de la Cité. On découvrira des attitudes personnelles surprenantes, comme celle du député Valéry Giscard d'Estaing allant seul à l'aube à la rencontre des ouvriers de Billancourt qui occupent leur usine.

Le général de Gaulle qualifiera cette révolution sociale de « chienlit ».

En France, le mouvement étudiant demandant une amélioration des conditions de vie des étudiants commence en novembre 1967. Ce mouvement rencontre peu d'écho. En 1968, le « mouvement du 22 mars », prenant le relais de la contestation menée par de petits groupes tels les anarchistes et les enragés de René Riesel, se fait connaître ce jour-là en occupant les locaux de l'université de Nanterre. L'une de ses principales revendications est le droit d'accès pour les garçons aux résidences universitaires des filles. La figure de proue de ce mouvement se nomme Daniel Cohn-Bendit. Il devient le symbole de la remise en cause de l'autoritarisme.
Les causes de ce mouvement sont diverses selon les analystes. Mais toutes tournent autour de l'idée qu'une grande rigidité cloisonnait les relations humaines et les mœurs dans toute la société.

Sur le plan sociologique, la dynamique de groupe s'est répandue pendant les années 1960 dans les formations des responsables de toutes les organisations et des entreprises. La mode est au débat. Mais les clivages sociaux sont encore extrêmement rigides. Le paternalisme autoritaire est omniprésent. On commence à ouvrir des lycées « mixtes », mais beaucoup d'établissements scolaires sont encore réservés aux garçons ou aux filles (les filles ne sont pas autorisées à porter le pantalon).

La France a autorisé l'usage de la pilule contraceptive dès 1967, mais elle est encore peu répandue et l'éducation n'a pas encore connu de réformes structurelles et le décapage est criant entre les aspirations d'une jeunesse et les cadres moraux qu'ils ressentent comme dépassés.

Au plan économique, on arrive bientôt à l'apogée des « Trente Glorieuses », années de reconstructions après la Seconde Guerre mondiale. La société de consommation s'est installée sans qu'on prenne vraiment conscience de toutes ses implications et des déséquilibres mondiaux qui se développent.

Au plan politique, les Français viennent de découvrir le vote au suffrage universel pour élire le président de la République et les référendums pour que chacun donne son avis. La France vient de perdre ses colonies. Le climat international est accaparé par la guerre froide entre les tenants des modèles capitalistes et communistes. Ce contexte s'impose aux choix politiques dans tous les pays, carcan que les jeunes dénoncent face à leurs dirigeants, quel que soit leur système politique. On remarque notamment les comités Viêt Nam, formés majoritairement de lycéens et étudiants dans les pays occidentaux, qui dénoncent « l'impérialisme américain » visible par la guerre du Viêt Nam. La guerre froide fait naître des idées anti-nucléaires. * Le caractère international de ces mouvements relativise les causes purement françaises. Ainsi les gardes rouges de la révolution culturelle chinoise, depuis 1965, ont rendu perceptible l'idée que les jeunes pouvaient avoir un pouvoir politique dans la société et remettre en cause l'autorité des adultes et des pouvoirs. En avril 1968 ce sont les incidents qui opposent les étudiants allemands et les autorités qui font l'actualité de l'époque.

Au plan philosophique, on invoquera souvent plusieurs auteurs pour expliquer ce mouvement : le livre d'Herbert Marcuse paru en France en 1964, puis réédité en 1968, l'Homme unidimensionnel, sous-titré Essai sur l'idéologie de la société industrielle avancée, le manifeste de Wilhelm Reich, paru en 1936 et le livre Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem, paru en 1967, puis la Société du spectacle de Guy Debord, paru en 1967.

Au plan religieux la France, encore très catholique, vient de suivre avec passion le Concile de Vatican II qui a profondément ébranlé le catholicisme et surtout les mouvements d'action catholique. En particulier, les Scouts de France représentant à l'époque une part non négligeable des jeunes chrétiens, ont modifié les rapports hiérarchiques dans leurs structures, remettant en cause à partir de 1964, un modèle de type militaire et introduisant la collégialité des décisions au sein des équipes.

 

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